- Désigner la charte affichée au mur — sans la lire toi-même
- Tour de table rapide : "Qu'est-ce qu'on avait décidé hier — et qu'est-ce qu'on garde pour aujourd'hui ?"
- Si quelqu'un mentionne quelque chose d'important qui avait été oublié, l'ajouter en live
- Conclure en 1 phrase : l'intention de la journée
Aujourd'hui on passe de l'autre côté : comment concevoir quelque chose pour votre apprenant — pas juste l'intention, mais l'objectif précis, la méthode, l'alignement. On commence par quelque chose de visuel et de concret.
- Construction (10 min) — individuel, silencieux. Chacun construit sa représentation devant lui. Tu ne donnes aucune indication supplémentaire.
- Présentation (15 min) — chacun explique en 2 min ce qu'il a construit et ce que ça représente. Tu écoutes, tu notes quelques mots-clés au flip.
- Débrief (5 min) — tu fais émerger les fils communs et les tensions : ce qui revient, ce qui diverge.
Dans la boîte, prenez les objets, personnages ou matériaux qui vous parlent. Construisez sur la table une représentation de ce que serait, pour vous, une formation idéale — le cours parfait. Pas d'explications pendant la construction — juste les objets.
- Qu'est-ce qui revient dans vos représentations — quels points communs ?
- Qu'est-ce qui vous a surpris dans ce que les autres ont construit ?
- Est-ce que votre formation idéale ressemble à ce que vous avez vécu hier en tant qu'apprenant ?
- Qu'est-ce que ça dit de ce qu'on attend — en tant qu'adulte — d'une formation ?
- Finalité — Le niveau politique et sociétal. Ce que la formation est censée produire pour la société, le client, l'institution. On ne peut pas le mesurer directement — c'est une direction, une ambition. Ex : "Former des citoyens responsables", "Contribuer à une économie durable", "Assurer la transmission des savoir-faire suisses."
- But — Ce qui est demandé à l'école ou à l'entreprise. L'intention globale d'une action de formation, formulée du côté de l'institution ou du commanditaire. Encore centré sur l'enseignement, pas sur l'apprenant. Ex : "Former des boulangers", "Mettre en place une formation en langues", "Disposer de 100 informaticiens qualifiés d'ici 2027."
- Objectif — Bloom en action. Ce que l'apprenant fait, observe, produit à l'issue de la formation. Observable, mesurable, centré sur lui. C'est le seul niveau qui guide vraiment la conception pédagogique. Ex : "Réaliser une baguette tradition conforme aux critères de qualité, sans aide, en 45 minutes."
- Reprendre 1 ou 2 constructions Flemo : "Ce que tu as décrit là — c'est une finalité ou un objectif ?"
- Faire émerger la distinction par l'exemple avant de nommer les concepts
- La plupart des représentations Flemo seront des finalités — c'est normal et c'est le bon point de départ
Un formateur occasionnel a besoin des trois niveaux — mais c'est l'objectif qui guide tout : le choix de la méthode, la durée, et la façon d'évaluer. Sans objectif précis, on enseigne — on ne forme pas.
- Consigne (1 min) — Tu lis la consigne, tu ne l'expliques pas. Pas de questions.
- Travail de groupe (10 min) — 2 groupes de 3. Chaque groupe rédige ses objectifs sur un post-it grand format ou au flip.
- Présentation croisée (5 min) — Chaque groupe lit ses objectifs à l'autre. Tu n'interviens pas encore.
- Débrief guidé (14 min) — Tu animes avec les questions ci-dessous. Les angles morts émergent du groupe avant que tu les nommes.
Une entreprise agroalimentaire vous mandate pour former ses employés à la confection d'une tarte aux pommes. Rédigez les objectifs de cette formation. Vous avez 10 minutes.
- But ≠ Objectif : "Former à la confection d'une tarte aux pommes" — c'est un but, pas un objectif. Ils vont l'écrire.
- Pas de public défini : Employés de production ? Managers ? Niveau culinaire ? Allergie à la farine ? Personne n'aura posé la question.
- Pas de niveau de départ : S'agit-il de personnes qui n'ont jamais cuisiné, ou de cuisiniers confirmés ? Le niveau Bloom change radicalement.
- Pas de contrainte temps : Former en 2h ou en 3 jours ? Le nombre et le niveau des objectifs ne sera pas le même.
- Regardez vos objectifs — est-ce que vous avez écrit un but ou un objectif ? Comment vous le savez ?
- Avant d'écrire vos objectifs, avez-vous posé des questions sur les apprenants ? Lesquelles ?
- Qu'est-ce que vous ne savez pas sur ces "employés" — et que ça changerait si vous le saviez ?
- Est-ce qu'on peut formuler un objectif juste sans connaître le niveau de départ ?
- Quelqu'un a pensé au temps disponible ? Comment ça change tout ?
Un objectif sans public, c'est une flèche sans cible. Avant de formuler un objectif, il faut connaître trois choses : qui est l'apprenant, d'où il part, et combien de temps on a. C'est exactement ce qu'on va travailler maintenant — avec vos situations réelles.
- Chaque participant décrit en 2 min sa situation réelle : qui je dois former, d'où il part, dans quel contexte
- Tu notes au flip les variables qui émergent : type de public, niveau, contraintes temps, enjeux
- Tu fais remarquer la diversité — et ce qu'elle implique pour les objectifs
- Le type de public (novice / expérimenté / mixte)
- La relation formateur-apprenant (collègue, N+1, externe…)
- Le temps disponible (1h, demi-journée, plusieurs sessions)
- Le contexte (en salle, sur le poste, à distance)
- Phase 1 — Relecture individuelle (5 min) : Reprendre la fiche "Chemin de l'apprenant" de J1. Identifier ce qui était spécifiquement lié au fait d'être adulte.
- Phase 2 — Échange en binôme (10 min) : Chercher les points communs. Préparer 2-3 observations à partager au groupe.
- Phase 3 — Mise en commun + apport (15 min) : Tu listes les observations au flip, puis tu introduis le tableau adulte/élève et les 4 dimensions en l'ancrant dans leurs exemples.
Relis ta fiche de la journée 1. En lisant, demande-toi : est-ce que ce que j'ai vécu aurait été différent si j'avais été un élève de 15 ans ? Coche ou entoure les éléments qui te semblent liés au fait d'être adulte.
Partagez ce que vous avez repéré. Cherchez ensemble : quels points communs dans vos vécus d'adultes apprenants ? Notez 2-3 observations que vous pourrez partager au groupe.
- L'adulte veut comprendre le pourquoi avant de s'engager (besoin de sens)
- Il est autonome et veut être traité comme tel — pas comme un élève
- Son expérience est une ressource ET un obstacle potentiel (résistance au désapprentissage)
- Il apprend quand c'est pertinent pour lui — pas sur un calendrier imposé
- Sa motivation est surtout interne : efficacité, estime de soi
- Qu'est-ce que ça change concrètement dans votre façon de préparer une formation ?
- Dans la fiche que vous venez de remplir — est-ce que vous avez pris en compte ces dimensions pour votre apprenant réel ?
- Qu'est-ce qu'on risque si on forme un adulte comme on formerait un élève ?
- Demander à chacun d'écrire spontanément sur un post-it : "À l'issue de ma formation, mon apprenant va…" (2 min, individuel)
- Lire les formulations à voix haute — sans commenter. La plupart diront "comprendre", "connaître", "être sensibilisé à"…
- Poser la question-déclencheur au groupe : "Comment tu vas savoir que c'est atteint ?" Laisser le silence travailler.
- Un objectif opérationnel décrit ce que l'apprenant fait — pas ce que le formateur enseigne
- Le verbe choisi détermine le niveau attendu ET la façon dont on pourra évaluer
- Présenter les 6 niveaux avec leurs verbes — en partant des exemples du groupe
- Insister sur les niveaux 1-3 (se souvenir, comprendre, appliquer) — les plus courants en formation professionnelle
- Verbe d'action (Bloom) + Contenu (quoi ?) + Condition (dans quel contexte ?) + Critère (comment savoir que c'est atteint ?)
- Exemple faible : "Comprendre la sécurité"
- Exemple fort : "Appliquer les 3 règles de sécurité en zone de production, sans aide, lors d'une simulation"
- Phase 1 (5 min) — Objectif spontané : écrire ce qui vient naturellement, sans filtre
- Phase 2 (15 min) — Reformulation avec un verbe de Bloom : entourer un verbe dans la liste, puis reformuler l'objectif complet
- Phase 3 (10 min) — Test des 3 questions : observable ? vérifiable ? centré sur ce que l'apprenant fait ?
- Circuler en silence — observer qui utilise les verbes, qui reste dans le flou
- Si quelqu'un est bloqué, retourner une question : "Comment tu vas savoir que c'est atteint ?"
- Ne pas valider les objectifs — c'est le groupe qui le fera ensuite
- Chaque participant lit son objectif principal à voix haute (30 sec max)
- Le groupe réagit avec deux questions uniquement : "Est-ce qu'on peut l'observer ?" et "Est-ce que le verbe correspond au niveau voulu ?"
- Possibilité de reformuler en direct — tu facilites sans donner la réponse
- Former 2 trinômes. Distribuer une enveloppe de 10 cartes par groupe.
- Consigne : trier les cartes en 3 piles selon le type de compétence mobilisée
- Chaque trinôme présente son tri et justifie 2 ou 3 choix difficiles (10 min)
- Discussion plénière sur les désaccords — ils sont plus riches que les consensus
Pour chaque carte, demandez-vous : quel type de compétence est en jeu ici ? Ce que la personne doit savoir, ce qu'elle doit savoir faire, ou ce qu'elle doit savoir être ? Et en gardant votre propre objectif en tête — est-ce que cette situation ressemble à ce que vous voulez atteindre ?
- Quelles cartes ont été difficiles à classer ? Pourquoi ?
- Est-ce qu'une même compétence peut appartenir à plusieurs catégories ?
- Dans votre cas réel — à quelle catégorie appartient votre objectif ?
- Est-ce que le type de compétence change la façon dont on va former ?
- Exposé / démonstration — Pour transmettre des savoirs, montrer un geste. Risque : passivité de l'apprenant si trop long.
- Exercice / entraînement — Pour ancrer un savoir-faire par la répétition. Risque : ennui si trop mécanique, trop éloigné du réel.
- Situation-problème — Pour développer l'analyse et la résolution. Risque : découragement si trop complexe d'emblée.
- Étude de cas / simulation — Pour transférer dans un contexte proche du réel. Risque : temps important, nécessite un bon cadrage.
- Niveaux 1-2 (se souvenir, comprendre) → exposé, démonstration commentée
- Niveau 3 (appliquer) → exercice, entraînement guidé
- Niveaux 4-5 (analyser, évaluer) → situation-problème, étude de cas
- Niveau 6 (créer) → projet, simulation ouverte
Repars de l'objectif que tu as formulé ce matin. Choisis une méthode adaptée à cet objectif, et esquisse comment tu l'utiliserais concrètement avec ton apprenant réel : dans quel contexte, sous quelle forme, pendant combien de temps.
- Mon objectif : ___
- Méthode choisie : ___
- Déroulement envisagé : en 3 étapes maximum
- Durée estimée : ___
- Circuler, observer les choix de méthodes
- Si le choix semble inadapté à l'objectif : "Avec cette méthode, est-ce que l'apprenant va vraiment [verbe de l'objectif] ?"
- Préparer mentalement 1-2 exemples à partager si le débat se tarit
- Chaque participant présente en 4 min : son objectif reformulé + la méthode choisie + 2 phrases sur le déroulement envisagé
- Le groupe donne un feedback en 2 min : "Ce qui me convainc" / "Ce que je questionne"
- Toi, tu n'interviens qu'en fin de tour : si quelque chose d'important a été manqué
Deux angles seulement : "Ce qui me convainc" — ce que tu trouves cohérent, solide, pertinent. "Ce que je questionne" — une question ouverte, pas une critique. Pas de "c'est bien" ou "c'est mal".
- Introduire la notion d'alignement pédagogique : objectif → méthode → évaluation. Pas comme un modèle théorique — comme un miroir de ce qu'ils viennent de faire intuitivement.
- Demander : "Dans ce que vous avez présenté — est-ce que votre méthode permet vraiment de vérifier que l'objectif est atteint ?"
- L'évaluation n'est pas encore abordée en profondeur — elle fera l'objet de J3. Juste planter la graine.
Reprends ton portrait A3 de J1. Qu'est-ce qui a changé dans ta façon de voir cette personne depuis ce matin ? Ajoute une note, une flèche, un mot. Garde-le — il continuera à se remplir aux jours suivants.
- Tour de table : "Une chose que je repars avec aujourd'hui"
- Tour de table : "Une question qui m'est restée"
- Tu réponds brièvement aux questions qui méritent une réponse immédiate — les autres sont notées et renvoyées à J3