- Tour de table : "Un mot sur où vous en êtes ce matin." (4 min)
- Faire émerger J1–J2 en 3 questions : "Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ? Qu'est-ce que vous avez envie d'appliquer ? Qu'est-ce qui reste flou ?" (7 min)
- Annonce J3 : "Aujourd'hui on ajoute deux couches — la posture du formateur et la théorie derrière tout ça." (4 min)
Vous avez 20 minutes pour créer 3 slides sur votre style d'animation. Vous présentez ensuite en 4 minutes. À la fin, vous répondez à cette question : "Est-ce que vous vous reconnaissez dans ce style — et dans quelle situation ?"
- Création PPT en binômes — 20 min : Sur un laptop chacun. Tu circules sans intervenir sur le fond — juste logistique. Laisse-les chercher, tâtonner, débattre.
- Présentations — 3 × 4 min = 12 min : Chaque binôme présente. Groupe en mode apprenant. Tu n'interviens pas encore.
- Positionnement personnel — 5 min : Après les 3 présentations, tour de table : "Dans quel style vous reconnaissez-vous spontanément — et pourquoi ?"
- Institutionnalisation — 8 min : Tu prends la main. Tu nommes les 3 styles (Lewin, 1939), tu corriges/complètes ce qui a été présenté, tu ancres le concept de leadership situationnel.
- Autoritaire — "Je décide, tu exécutes." Efficace avec novices, en urgence. Risque : passivité, dépendance.
- Démocratique — "On réfléchit ensemble." Engagement fort, meilleur transfert. Risque : chronophage.
- Laisser-faire — "Vous gérez." Idéal pour experts très autonomes. Risque majeur : sentiment d'abandon.
- Leadership situationnel — Aucun style n'est bon en soi. Le bon formateur adapte.
On vient de parler de styles — de la façon dont vous exercez votre rôle. Derrière tout ça, il y a une question de pouvoir. En tant que formateur, vous avez une autorité réelle sur le groupe devant vous. Ce que la psychologie sociale a découvert sur ce pouvoir est dérangeant — et indispensable à connaître.
- Stanley Milgram, Yale, 1961. Protocole annoncé : étude sur la mémoire et l'apprentissage.
- Un "enseignant" pose des questions à un "apprenant". Mauvaise réponse = décharge électrique. L'intensité monte à chaque erreur.
- L'apprenant est un comédien. Pas de vraie décharge. Le sujet ne le sait pas.
- L'expérimentateur en blouse blanche dit simplement : "Continuez, s'il vous plaît."
- Résultat : 65% des sujets sont allés jusqu'à 450V.
- Qu'est-ce qui permettait aux sujets de continuer malgré leur malaise ?
- En tant que formateur — quelle autorité exercez-vous sur votre groupe ? Est-ce qu'elle peut produire un effet similaire, même involontairement ?
- Qu'est-ce qui distingue un formateur qui utilise son autorité pour l'apprenant d'un formateur qui l'utilise sur l'apprenant ?
- La morale — ensemble de règles extérieures à l'individu, transmises par la société, la culture, l'institution. "Il faut respecter les apprenants" — c'est une règle morale.
- L'éthique — questionnement personnel et continu sur ses propres actions. "Est-ce que ce que je fais, là, maintenant, respecte vraiment la personne en face de moi ?" — c'est une démarche éthique.
- La différence en formation — un formateur peut respecter toutes les règles morales (ne pas humilier, être poli, suivre le programme) et quand même créer un rapport de force inconfortable. L'éthique va plus loin : elle interroge l'intention et l'effet réel.
- Milgram l'illustre — les sujets n'étaient pas sadiques. Ils respectaient la règle donnée par une autorité légitime. Mais aucun questionnement éthique personnel ne s'est imposé avec assez de force pour les arrêter.
La morale dit "ne fais pas de mal". L'éthique demande "est-ce que ce que je fais aide vraiment ?" En formation, ce n'est pas la même question. Et c'est la deuxième qui doit guider votre scénario de vendredi.
- Accroche (3 min) : "Les styles parlent de qui vous êtes comme formateur. Les méthodes parlent de ce que vous faites faire à vos apprenants. Quelle différence fondamentale voyez-vous ?" — 2-3 réponses, pas de débat.
- Exposé PPT (20 min) : Présenter le PPT "Méthodes pédagogiques — structure en 4 phases". Aller vite sur les slides de synthèse, prendre le temps sur les slides par méthode.
- Vérification compréhension (7 min) : "Dans ce que vous venez d'entendre — quelle méthode vous semble la plus proche de ce que vous avez prévu pour vendredi ? Pourquoi ?" Tour de table rapide.
- Ancrage (5 min) : Montrer la slide 8 (retour réflexif). "Cette présentation était une magistrale. Elle avait ses 4 phases. Vous venez de les vivre."
- 3 pôles : Savoir (le contenu) · Formateur (celui qui enseigne) · Apprenant (celui qui apprend)
- 3 processus sur les 3 côtés :
- Enseigner (Formateur ↔ Savoir) — le formateur maîtrise et transmet le contenu. L'apprenant est en retrait — Houssaye dit qu'il "fait le mort".
- Former (Formateur ↔ Apprenant) — la relation prime, l'apprenant est au centre. Le savoir passe au second plan — c'est le savoir qui "fait le mort".
- Apprendre (Apprenant ↔ Savoir) — l'apprenant est en contact direct avec le savoir, auto-apprentissage, découverte. Le formateur "fait le mort".
- La règle du mort : dans tout acte pédagogique, un des trois pôles est toujours en retrait. Il est impossible d'activer les 3 simultanément à 100%.
- Le piège magistral classique : Enseigner sans jamais passer en "Former" ni en "Apprendre" — l'apprenant reste spectateur de la relation formateur/savoir.
Prenez votre situation de formation de vendredi. Pour chacune des 3 phases de votre scénario, indiquez : sur quel côté du triangle se passe cette phase ? Enseigner, Former ou Apprendre ? Et qui "fait le mort" dans chaque phase ?
- Travail individuel silencieux : annoter leur scénario J4 avec les côtés du triangle (5 min)
- Partage en binômes : "Est-ce que votre scénario active les 3 côtés — ou restez-vous sur un seul ?" (5 min)
- Mise en commun : 2-3 retours en plénière. Tu observes et tu relances. (5 min)
- Vendredi, chacun anime 20 à 30 minutes devant le groupe
- Les autres jouent le rôle des apprenants — ils jouent le jeu à 100%
- Après chaque animation : feedback structuré 10 min — ce qui a fonctionné / une piste
- Le scénario créé aujourd'hui est un support, pas un script
Cet après-midi vous créez votre scénario. Vous avez maintenant les styles, l'éthique, les méthodes et le triangle. Votre scénario doit refléter ça — pas juste un plan de contenu, mais un dispositif pédagogique cohérent.
- Mon apprenant réel — qui, niveau de départ, contexte
- Mon objectif principal — verbe Bloom + contenu + critère
- Mon style d'animation dominant pour cette séance — et pourquoi
- Les phases de ma formation — activité, méthode, outil, durée (total max 30 min)
- Sur quel côté du triangle se passe chaque phase ?
- Mon évaluation finale — comment je sais que c'est atteint
- Checklist matériel à préparer avant vendredi
- "Quel style tu vas adopter — et est-ce que c'est cohérent avec ton public ?"
- "Dans ton scénario, à quel moment ton apprenant est-il actif ?"
- "Si Milgram regardait ta séance — est-ce qu'il verrait une autorité qui libère ou une autorité qui contraint ?"
- "Tu as 30 min vendredi. Quelle phase tu peux raccourcir sans perdre l'essentiel ?"
Échangez votre scénario. Lisez en silence (2 min). Puis : une force et une seule question — pas de corrections, pas de jugement. L'autre prend note et décide lui-même s'il ajuste.
- Chaque participant présente son scénario en 3 min : public, objectif, 2–3 phases, style dominant
- Le groupe : une force (pas de critique) — 30 sec
- Toi : tu valides ou tu poses une seule question si quelque chose est vraiment problématique
- Scénario finalisé — template complété
- Matériel concret : slides, fiches, objets, tout ce qu'ils auront besoin
- Tester à voix haute au moins une fois — même 5 minutes seul
Vendredi vous animez. 20–30 min chacun. Les autres sont vos apprenants — ils jouent le jeu. Après : 10 min de feedback en deux temps — ce qui a fonctionné, puis une piste. L'objectif n'est pas la perfection : c'est l'expérience réelle.
- Tour de table : "Une chose concrète que je vais préparer avant vendredi."
- Tour de table : "Ce que je retiens de cette journée — en un mot."
- Tu conclus : normaliser l'appréhension, rappeler que le scénario est là pour ça.